Comment les propriétaires de chats et de chiens font-ils face à l’inflation ?

Alors que les coûts alimentaires et vétérinaires augmentent, les associations s’inquiètent du sort des animaux. Certains propriétaires préfèrent se serrer la ceinture.

Auteur : Briac Trébert

Publié le 28 septembre, 18h14

De nombreux produits du quotidien sont touchés par les hausses de prix et l’alimentation de nos animaux de compagnie ne fait pas exception. Sans doute le prix des matières premières qui a explosé, notamment celui des céréales et du gaz, mais aussi la pandémie de grippe aviaire qui a causé la mort de millions d’oiseaux.

« Nous constatons une augmentation des prix d’une année sur l’autre d’environ 8,8 % des aliments pour chiens et chats dans les rayons », a déclaré Myriam Qadi, responsable de la recherche chez NielsenIQ, panéliste sur les grandes boîtes, il y a quelques jours à Actu.fr. . les ventes

La solution des stocks de croquettes… 

Alors que la consommation alimentaire mensuelle varie entre 2 et 3 kg de nourriture pour les chats et en moyenne 10 kg pour les chiens, selon les données du ministère de l’Economie, et qu’un foyer français sur deux possède au moins un animal de compagnie, la question du prix . les croquettes ne sont pas négligeables. Alors comment les propriétaires font-ils pour assumer ces charges (lourdes) ?

« Ils se serrent la ceinture pour d’autres dépenses », répond à Actu.fr René Michau, président de la Prodaf (Syndicat des professionnels des animaux de compagnie), citant une étude Harris Interactive de novembre dernier où « les trois quarts (74%) ». Les Français croyaient qu’un animal devait être dépensé ».

Les propriétaires se disent prêts à faire des sacrifices plutôt que de toucher aux habitudes de leurs animaux. Les mentalités ont évolué, l’animal est un membre à part entière de la famille et les propriétaires recherchent le meilleur. Egalement la possibilité de nouvelles évolutions structurelles avec une préférence de 37% pour le made in France.

En 2019, face à des forfaits de croquettes pour petits chiens d’environ 40 euros les 8 kilos, désormais affichés à 55 euros, les propriétaires d’animaux cherchent pourtant des solutions et se ruent de plus en plus sur les sites de e-commerce pouvant livrer leur stock.

Un bon plan est de les conserver le plus souvent possible : conservez le paquet de croquettes bien fermé, à l’abri de l’humidité et de la lumière, afin que les aliments ne se gâtent pas. Bref, ces emballages doivent être ouverts le moins possible afin que l’oxydation n’affecte pas la qualité nutritionnelle.

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De l’assurance santé aussi… 

« Les sites de e-commerce ne sont pas forcément moins chers que les magasins physiques. En revanche, ils permettent une meilleure visibilité et une comparaison plus aisée des produits et des prix », a commenté la fondation 30 Millions d’Amis auprès d’Actu.fr, et rappelle « systématiquement » à chaque adoptant le budget à allouer à son animal « n’est pas figé et modifiable elle se fait notamment en fonction de la taille de l’animal (pour les chiens), de l’âge et de l’état de santé ».

De nombreux professionnels craignent donc d’utiliser des croquettes de mauvaise qualité pour des raisons financières, car cela peut être contre-productif pour les maîtres car cela augmenterait (aussi) la facture des vétérinaires… celle-ci augmente également.

Les prix des grandes interventions vétérinaires ont augmenté de 2,32 % entre 2021 et 2022, selon une enquête du cabinet de conseil aux propriétaires d’animaux Le Mammouth Déchaîné, une moyenne qui masque de fortes disparités selon les villes. Là aussi, une solution de réduction des coûts peut être rentable : l’assurance.

Les écoles vétérinaires… 

« Aujourd’hui seulement 5% des propriétaires d’animaux déclarent avoir souscrit une assurance santé pour leur animal, cette solution séduit près de la moitié (47%), et encore plus chez les 18-24 ans (73%). » note René Michau. Certainement le chef.

Les animaux impliquent des dépenses incompressibles, forcément impactés par l’inflation, les associations et les vétérinaires craignent de plus en plus que les personnes aux revenus les plus faibles ne commencent donc à remettre en cause l’importance de certains traitements, voire à refuser les animaux.

La Fondation 30 Millions d’Amis, par exemple, s’est associée à l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort (à Maisons-Alfort dans le Val-de-Marne) pour permettre aux plus démunis – ceux qui ne sont pas assujettis à l’impôt sur le revenu. , bénéficiaires du RSA – pour s’occuper de leur animal. Grâce à une bourse accordée par la fondation, ils peuvent bénéficier d’une réduction de 50% sur le tarif préférentiel pratiqué par l’école.

Pour ce qui est des soins, il est possible de contacter les écoles vétérinaires lorsqu’elles sont près de chez vous. Cette astuce économique permet de faire appel à des apprentis qui ont besoin de pratiquer, mais il existe peu d’écoles nationales : Maisons-Alfort (Val-de-Marne), Toulouse (Haute-Garonne), Nantes (Loire-Atlantique) et Lyon (Rhône ).

Et du marché de la seconde main… 

Le service juridique reçoit davantage de déclarations d’inattention (négligence), pour lesquelles les intervenants se tournent vers le contexte économique pour justifier le manque d’identification, de mise à jour des vaccinations ou de soins vétérinaires (y compris chirurgicaux) qui devraient être effectués.

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Pour l’instant donc, les amoureux de nos amis à quatre pattes, en France, choisiraient surtout d’arbitrer leur budget dans d’autres domaines et de partager des bons plans.

Achetez vos croquettes en gros, mais surtout optez pour une bonne alimentation, pour ne pas avoir à payer de frais vétérinaires, demandez au boucher de découper les restes de la viande pour réduire les frais, ou pariez d’occasion.

Des abandons en hausse, à cause de l’inflation ? 

Vinted, le site de revente entre particuliers, l’a bien compris et vient de lancer une nouvelle catégorie dédiée aux animaux de compagnie, où l’on peut trouver des jouets, des couvertures, des gamelles, des colliers et même des vêtements pour chiens et chats.

Les abandons d’animaux domestiques au Royaume-Uni ont augmenté de 24%, s’inquiétait fin août la Société pour la protection des animaux (RSCPA). Il a signalé 22 908 abandons d’animaux de compagnie entre janvier et juillet 2022, contre 18 375 à la même période l’an dernier.

Selon la RSPCA, cette hausse des abandons s’explique par la pandémie – de nombreux Britanniques ont adopté des animaux de compagnie à l’époque – et la crise du coût de la vie qui contracte le budget des ménages. La RSPCA cite 20% des propriétaires d’animaux qui craignent des problèmes d’alimentation pour leur chien ou leur chat. Si la Fondation 30 Millions d’Amis ne perçoit pas cette tendance lourdement en France aujourd’hui, la SPA commence à le ressentir.

Sur TF1, la directrice d’un refuge à Montpellier (Hérault), affirme, marre. Dans un reportage diffusé il y a quelques jours, celui-ci montre un chien dans sa cage : « Il a 11 ans, les gens nous l’ont rendu car ils n’ont plus d’argent et ne peuvent subvenir à leurs besoins », raconte-t-il.

Et, dans le même temps, il a déploré la baisse des adoptions : « Les gens se demandent s’il est raisonnable d’adopter un animal, alors que nous-mêmes ne savons pas comment nous allons finir le mois », a-t-il résumé.

De même, à Toulouse (Haute-Garonne), le refuge ATPA-SPA dit faire face à une vague d’abandon d’animaux sans précédent et demande de l’aide…

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